Gueuze Tilquin à l’ancienne : le temps comme ingrédient
À Bierghes, la Gueuzerie Tilquin fait dialoguer des lambics d’un, deux et trois ans. Une gueuze de fermentation spontanée, citronnée, sèche et nuancée, née d’un véritable travail d’élevage et d’assemblage en Brabant wallon.

Bierghes, à la rencontre des traditions
Dans la vallée de la Senne, à Bierghes, la Gueuzerie Tilquin occupe une place singulière dans le paysage brassicole du Brabant wallon. Fondée en février 2009 par Pierre Tilquin, elle se présente comme la seule gueuzerie de Wallonie. Son adresse est wallonne, mais son savoir-faire dialogue avec le Pajottenland et Bruxelles : c’est précisément cette rencontre qui donne tout son intérêt à une étape ici.
Pierre Tilquin est bio-ingénieur, titulaire d’un doctorat en statistiques et génétique. Après une formation brassicole à Leuven, il a travaillé chez Huyghe, 3 Fonteinen et Cantillon. Ce parcours scientifique et pratique éclaire une activité où observer l’évolution des fûts, attendre puis assembler compte autant que la recette de départ.
Des moûts aux lambics, puis à la gueuze
Pour la Gueuze Tilquin à l’ancienne, la fiche du producteur décrit des moûts provenant de Boon, Lindemans, Girardin et Cantillon. Ils fermentent et vieillissent à Bierghes dans des fûts de chêne. L’ancrage local se situe donc dans la fermentation, l’élevage, l’assemblage et la mise en bouteille ; il serait réducteur de présenter cette cuvée comme une bière simplement brassée à Bierghes.
La composition annoncée associe orge maltée et froment. Le houblon employé est vieilli, et le refroidissement à l’air libre permet l’ensemencement naturel du moût. Après un, deux ou trois ans en fût, les lambics sont réunis. La bouteille connaît ensuite une nouvelle fermentation durant au moins six mois. Non filtrée et non pasteurisée, cette gueuze titre actuellement 7 %.
Nez, bouche et finale : des repères
Le producteur décrit un nez frais, avec une expression citronnée. En bouche, le fil conducteur est l’acidité, accompagnée d’une sécheresse nette et d’une certaine rondeur. Ce contraste explique pourquoi la maison la présente comme une porte d’entrée possible dans l’univers des gueuzes, tout en revendiquant une complexité appréciable par les amateurs.
La fin de bouche laisse aussi une légère sensation amère et sèche, que Tilquin relie notamment aux tanins encore libérés par ses fûts. Ces indications donnent une direction de dégustation ; l’âge de la bouteille et les conditions de service peuvent faire évoluer leur perception. Il s’agit du profil publié par la maison, et non du récit d’une dégustation personnelle.
Le détail qui raconte le lieu
La gueuzerie s’est installée à environ deux cents mètres de la frontière linguistique. Cette proximité rend très concrète son histoire de rencontres entre producteurs, langues et savoir-faire. Le mot néerlandais geuzestekerij désigne d’ailleurs l’entreprise qui pratique ce travail d’assemblage.
Préparer sa visite
La maison annonce des visites guidées sur réservation, du lundi au samedi, pour des groupes d’au moins dix personnes, avec dégustation comprise dans le prix. Sa boutique et son local de dégustation ont également leurs propres horaires et une fermeture estivale. Consultez les informations et prenez contact sur le site officiel de la Gueuzerie Tilquin avant le déplacement.
Photos et crédits
Photo 1 — Visite de la Gueuzerie Tilquin à Bierghes en avril 2014. Allagash Brewing · CC BY 2.0 · Source.
Photo 2 — Visiteurs arrivant à l’entrepôt de la Gueuzerie Tilquin lors du Toer de Geuze 2013. Bernt Rostad · CC BY 2.0 · Source.
Photo 3 — La Gueuzerie Tilquin et les espaces d’accueil du Toer de Geuze à Bierghes en 2013. Bernt Rostad · CC BY 2.0 · Source.
Découverte réservée aux adultes. À savourer avec modération.




