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Le fromage d’Orval, un autre savoir-faire trappiste

Depuis 1928, le fromage d’Orval relie lait gaumais, pâte pressée non cuite et lavage manuel de la croûte. Un patrimoine à distinguer de la bière.

Vieil Or, fromage d’Orval photographié en 2012 : cette version et son habillage ne représentent pas toute la gamme actuelle.

Orval ne se découvre pas seulement en bouteille

Le fromage d’Orval est fabriqué dans l’enceinte de l’abbaye, à Villers-devant-Orval, commune de Florenville et arrondissement de Virton. La fiche de la fromagerie décrit un fromage au lait entier pasteurisé du pays gaumais, à pâte pressée et croûte lavée. Le nom est commun au lieu, mais le fromage n’est pas une déclinaison liquide ou une simple évocation de la bière. Il possède une histoire et des gestes qui méritent leur propre récit.

1928 et une filiation venue de France

La chronologie officielle situe le début de la fabrication à Orval en 1928, deux ans après le retour des moines. Des religieux venus de Sept-Fons y apportent un savoir-faire dont la filiation remonte au fromage élaboré à Port-du-Salut en 1816. Il faut garder ces dates distinctes :1816 n’est pas la naissance d’une fabrication à Orval. Cette circulation d’un procédé entre communautés raconte un patrimoine transmis, mais aussi réinstallé et adapté à un autre territoire.

Du lait au bloc de fromage

La fromagerie présente une pâte pressée non cuite. Le lait est pasteurisé, puis la coagulation donne un caillé qui est découpé et égoutté avant le moulage et le pressage. Le récit détaillé du fabricant aide à comprendre cette transformation : la matière n’est pas simplement versée dans un moule en attendant qu’elle durcisse. Plusieurs interventions retirent une partie du sérum et organisent la structure de la pâte. Le produit final porte la trace de ces choix successifs.

La croûte travaille aussi

Après le salage vient l’affinage en hâloir. Le producteur indique trois semaines et des lavages de la croûte réalisés à la main. L’humidité, la température et la circulation de l’air participent à cette étape. La souplesse de la texture et le caractère du fromage se construisent donc aussi après le moulage. La croûte orangée est décrite avec précision dans la composition officielle ; la couleur n’a pas à être interprétée comme une preuve de vieillissement spectaculaire ou d’un ingrédient tenu secret.

Le retrouver avec sa vraie identité

Pour un achat, distinguez le fromage d’Orval d’une préparation simplement parfumée à une bière ou d’une autre pâte pressée de la région. Consultez l’étiquette et les consignes de conservation de la pièce achetée. Le lieu de fabrication reste un atelier professionnel et ne se confond pas avec le parcours de visite de l’abbaye. La légende de la photographie précise si elle montre le produit lui-même ou une illustration de sa famille alimentaire.

Photos et crédits

Photo 1 — Vieil Or, fromage d’Orval photographié en 2012 : cette version et son habillage ne représentent pas toute la gamme actuelle. Fanny Schertzer · CC BY-SA 3.0 · Source.

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