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Le matoufet marchois, un plat qui tient au corps

Œufs, lait, eau, farine et lard : à Marche-en-Famenne, le matoufet transforme des ingrédients modestes en patrimoine de table.

Église Saint-Remacle à Marche-en-Famenne depuis la place de la 7e Brigade, octobre 2012. Vue de la ville du Matoufet ; le plat n’est pas représenté.

Une poêle familiale devenue emblème marchois

Le matoufet, ou matoufè, appartient à une famille de préparations présentes dans plusieurs régions wallonnes. Notre ancrage est Marche-en-Famenne, où une confrérie le met à l’honneur. Le bulletin communal publie une recette associant œufs, lait, eau, farine et lard. On ne parle donc ni d’une pâtisserie ni d’une omelette garnie à laquelle on pourrait donner n’importe quel nom. Le plat a une identité locale, même si les habitudes domestiques et les textures varient.

Le même document rapporte le rapprochement populaire entre « matoufet » et « mate la faim ». C’est une jolie explication transmise, pas une étymologie scientifique à présenter comme certaine. Une autre anecdote est très concrète : le costume de la confrérie représente les ingrédients du plat, jusque dans le pommeau en forme d’œuf de sa canne. La cuisine sort ainsi de la poêle pour devenir un signe de reconnaissance dans la ville.

La préparation se comprend par le geste

La version marchoise publiée fait d’abord rissoler les petits morceaux de lard, puis recevoir le mélange liquide et les œufs battus ; la cuisson se poursuit en remuant. Pour les quantités exactes, référez-vous à la recette municipale plutôt qu’à une formule improvisée. La composition doit être annoncée aux convives : œufs, lait et farine ne disparaissent pas sous le mot « terroir ». Demandez aussi quelle version est effectivement préparée lorsque vous le découvrez ailleurs.

La texture explique une partie de l’attachement au plat : elle fait entrer dans le récit la chaleur de la poêle, le mélange et le souvenir des repas. Les attentes familiales peuvent aller d’une préparation très souple à une consistance plus tenue. Ces nuances ne désignent pas automatiquement une famille comme seule gardienne de la tradition. Le pain, les œufs et le lard appartiennent ici à une histoire de cuisine quotidienne, que la confrérie rend visible dans l’espace public.

Un héritage qui n’a pas besoin d’un inventeur unique

La confrérie arlonaise du Maitrank cite celle du Matoufé de Marche parmi ses parrains en 1964. Ce détail montre les relations entre patrimoines gourmands, sans faire du plat une création de cette année-là. Les liens de confréries documentent une transmission collective ; ils ne prouvent pas la date où une personne aurait versé pour la première fois des œufs dans une poêle de lard.

Pour prolonger la découverte, gardez l’étiquette de votre achat et suivez les consignes de transport et de conservation du fabricant. La photographie présente uniquement un repère du territoire : Église Saint-Remacle à Marche-en-Famenne depuis la place de la 7e Brigade, octobre 2012. Vue de la ville du Matoufet ; le plat n’est pas représenté. Elle ne remplace pas une image autorisée du produit exact. Son intérêt est de situer le récit, sans attribuer un travail à un artisan qui n’y figure pas.

Photos et crédits

Photo 1 — Église Saint-Remacle à Marche-en-Famenne depuis la place de la 7e Brigade, octobre 2012. Vue de la ville du Matoufet ; le plat n’est pas représenté. Jean-Pol GRANDMONT · CC BY-SA 3.0 · Source.

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