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Prix dans l’Horeca : pourquoi le QR code seul ne suffit pas

  • il y a 5 heures
  • 3 min de lecture

Depuis quelques années, les cartes numériques se sont installées dans les restaurants et les cafés. Un petit carré à scanner remplace parfois le menu posé sur la table. C’est pratique pour modifier rapidement une offre, mais une question revient souvent : un établissement peut-il obliger ses clients à utiliser leur téléphone pour connaître les prix ?

Les lignes directrices publiées le 17 juillet 2026 par le SPF Économie apportent une réponse claire. Elles ne créent pas une nouvelle loi : elles expliquent de manière concrète comment les règles existantes doivent être appliquées dans l’Horeca. Le QR code peut compléter l’information, mais il ne peut pas être l’unique moyen d’y accéder.

Restauratrice présentant un porte-menu physique et un QR code complémentaire à l’entrée d’un restaurant

Les prix sont libres, leur affichage ne l’est pas

Un café, un restaurant ou un hôtel reste libre de déterminer ses tarifs. Les autorités n’imposent ni montant minimum ni montant maximum pour un plat ou une boisson. En revanche, le consommateur doit pouvoir connaître le prix avant de commander.

L’information doit être écrite, lisible, apparente et sans ambiguïté. Le montant indiqué doit être le total à payer, avec la TVA, les taxes et les éventuels frais obligatoires compris. Un supplément inévitable ne peut donc pas apparaître seulement au moment de régler l’addition.

Ce qui doit être visible avant d’entrer

Pour les établissements où l’on consomme sur place, les tarifs doivent être consultables avant l’entrée dans la salle. L’affichage peut se trouver sur la façade, derrière une vitre ou dans un passage que tout client doit emprunter. L’important n’est pas le support choisi, mais la possibilité réelle de s’informer avant de s’installer.

Pour les repas et les plats, l’offre et les prix doivent être présentés. Concernant les boissons, l’affichage extérieur peut se limiter aux références les plus représentatives de chaque catégorie. À l’intérieur, le client doit avoir accès à la liste complète des repas, plats et boissons effectivement proposés.

Pourquoi un QR code seul ne suffit pas

Le SPF Économie rappelle que l’entreprise doit fournir activement l’information. Elle ne peut pas imposer au client un effort particulier, comme sortir son téléphone, disposer d’une connexion, scanner un code puis naviguer sur une page pour découvrir les prix.

Une carte numérique reste parfaitement possible, mais elle doit venir en complément d’un support directement consultable : carte imprimée, panneau, présentoir ou écran fourni par l’établissement. Cette règle protège notamment les personnes sans smartphone et celles qui rencontrent des difficultés avec les outils numériques.

Et lorsque le client s’installe en terrasse ?

La terrasse fait partie de l’établissement, même lorsqu’elle est temporaire ou située de l’autre côté d’une rue ou d’une place. Si l’affichage réglementaire est bien visible à l’entrée principale, il n’est pas nécessaire de le répéter à chaque accès de la terrasse.

En revanche, une personne installée dehors doit pouvoir consulter la liste complète des prix, exactement comme un client assis dans la salle. Une simple annonce promotionnelle sur la terrasse ne remplace donc pas la carte complète.

La mention « prix du jour » n’est pas suffisante

Certains produits frais, dont le coût varie selon les arrivages, sont parfois annoncés au prix du jour. Cette formule ne dispense pas le restaurateur d’indiquer un montant exact. Le consommateur doit connaître le prix concret applicable à ce moment-là, sans devoir le demander au serveur.

Pour l’exploitant, cela implique de mettre l’affichage à jour chaque fois que le tarif change. Pour le client, cela signifie qu’un plat ne devrait pas rester présenté avec la seule mention « prix du jour » sans information chiffrée accessible avant la commande.

Une clarification utile pour tout le monde

Pour un indépendant, le plus simple est de vérifier régulièrement quatre points : l’affichage avant l’entrée, la carte complète dans chaque zone où les clients consomment, la présence d’un support autre que le QR code et la mise à jour immédiate des tarifs variables.

Pour le consommateur, ces règles garantissent la possibilité de choisir en connaissance de cause. Une carte claire évite les malentendus, facilite la comparaison et renforce la confiance. Ce qui peut sembler être une obligation administrative devient alors un véritable geste d’accueil.

Ce qu’il faut retenir

Les lignes directrices du SPF Économie ne bouleversent pas la liberté commerciale des restaurateurs. Elles rappellent cependant qu’une information numérique ne doit jamais exclure une partie de la clientèle. Dans l’Horeca, la transparence commence avant même de pousser la porte.

Ces lignes directrices sont évolutives et expliquent la position administrative au moment de leur publication. Les professionnels confrontés à une situation particulière ont donc intérêt à consulter la version la plus récente du SPF Économie.

 
 
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